Mobilité

La mobilité : première brique des smart cities

Par Nicolas le 25 octobre 2018

Les smart cities (ou villes intelligentes), sont l’objet de toutes les spéculations. On en entend parler, mais nul ne peut prédire les délais et les étapes vers leur construction ni comment elles seront opérées. Qui peut aujourd’hui dire de quoi seront faites nos villes de demain ?

50% de la population mondiale vit actuellement dans les villes. En 2050, nous serons 70% à y vivre. Paradoxalement, les villes occupent 2% de la surface du globe. Ces 2% produisent 80% des émissions de gaz à effet de serre. La congestion et la pollution sont donc la priorité numéro une des villes de demain. Une chose est sûre, l’autopartage, qui répond à ces deux problématiques, sera au cœur des premières phases de transition.  

La mobilité : première brique des smart cities

 

La mobilité : première étape vers la transformation urbaine

Le rôle des métropoles face aux défis d’aujourd’hui est plus évident que jamais : résoudre les problématiques de densité démographique, de congestion, de pollution tout en répondant aux nouvelles exigences de mobilité des citadins. Une étude Ipsos menée auprès d’élus locaux révèle que 74% d’entre eux placent l’intermodalité au centre des priorités. 78% estiment aussi que la mise en place de services d’autopartage est nécessaire pour compléter l’offre existante de transports.

En effet, la multiplication des solutions de déplacement a pointé du doigt les failles des services publics qui ne sont plus suffisants pour couvrir à eux seuls l’ensemble de nos besoins de mobilité. Dans ce contexte de profusion des services, il est nécessaire que les collectivités jouent un rôle d’organisateurs pour que services publics et privés proposent des solutions complémentaires. 

L’usager recherche l’expérience de la simplicité, un parcours connecté et unifié. Pour l’instant, seules les entreprises privées sont dotées des armes digitales pour l’offrir et sont aptes à leur fournir un service de transport à la demande. Par ailleurs, les acteurs existants ont la particularité d’apporter une flexibilité et une personnalisation, quand les acteurs publics, eux, se soucient – à raison – davantage du bien commun et non des cas particuliers. Les deux visions se complètent donc.

En ce qui concerne les moyens de locomotion en eux-même, la voiture présente toujours des avantages indéniables par rapport à d’autres solutions : pas de limite de distance, sécurité, flexibilité… mais l’arrivée des véhicules autonomes nous permettra d’en optimiser son usage. Sans remplacer les bus ou les métros, les voitures autonomes partagées permettront de combiner certains avantages des VTC mais aussi des transports en commun (réduction des coûts et optimisation du stationnement).

 

La ville de demain : commandez votre voiture autonome

 

Le dilemme de la centralisation

Le projet de loi d’orientation des mobilités prévoit de favoriser le développement de plateformes centralisant tous les moyens de mobilité par territoire. “L’objectif est de rendre accessible, pour consultation ou achat, l’ensemble des offres de mobilité sur un trajet donné : bus, rail interurbain, vélo en libre-service, transport à la demande…” précise Elisabeth Borne, Ministre chargée des Transports. Le rôle des villes deviendrait donc celui de régulateur, d’agrégateur des données des entreprises privées et des collectivités.

Anne Hidalgo, la Maire de Paris, en a déjà bien pris conscience et a tweeté récemment: « Ces initiatives seraient portées par les acteurs privés, sans fonds publics. La collectivité jouerait son rôle de régulation et veillerait notamment au respect du partage de l’espace public. »

 

Cependant, si les collectivités deviennent porteuses d’applications uniques, les opérateurs de mobilité pourraient ne pas vouloir renoncer à l’opportunité d’obtenir la préférence de l’utilisateur (par différenciation, d’image de marque, d’un produit mieux conçu, d’une expérience mieux maîtrisée etc.). Cela pourrait pousser certains acteurs à rester en marge de ces plateformes…

 

Les infrastructures et les données au cœur du débat

Le bilan d’Autolib’ montre les limites du modèle de Délégation du Service public. L’enjeu financier de la mobilité est colossal et les mairies ne peuvent pas soutenir de tels projets de modernisation sans l’apport financier d’entreprises privées. A l’inverse, les entreprises de la mobilité ont besoin d’un soutien légal et d’une aide au développement.

Un des sujets phares de cette “cohabitation” est le stationnement. 10% des véhicules dans les villes sont en recherche d’une place de stationnement. Ces 10% sont un problème de plus à la congestion des villes ainsi qu’aux émissions de gaz à effet de serre. Mais comment prévoir les besoins en parking des années à venir sans une collaboration public / privé ?

Ce sujet de stationnement est d’autant plus sensible qu’il est une source de revenu pour les collectivités. Or, l’autopartage ne pourra se développer sans une offre de stationnement adaptée et une révision de son modèle économique en lui-même qui, tel qu’il est aujourd’hui, décourage les citadins de faire usage des nouveaux services.

Pour répondre aux problématiques d’optimisation des espaces, ce sont les opérateurs privés qui pourront, grâce aux données d’usage qu’ils possèdent par le biais de leurs utilisateurs, proposer des solutions adaptées. A la mairie de Paris, les discussions sont déjà entamées. La ville de demain commence maintenant !

 

 

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